AMBASSADEURS 2021

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Originaire de la Chine et adoptée au Québec
Actrice-comédienne (Makinium,14 jours,12 nuits, Votez Bougon et plus)

« Le RAIS est un organisme qui me touche énormément, car il m’aurait été utile à l’adolescence. Il m’aurait outillé pour mieux me comprendre et me guider vers la guérison. Je suis très reconnaissante de l’avoir trouvé aujourd’hui. Avoir cet espace pour discuter, se supporter, s’éduquer et se valider est un vrai baume pour le coeur. »

Enfant, l’adoption était une réalité toute simple, que j’avais appris à expliquer aux gens et dont j’étais fière. Je comprenais qu’elle n’était pas traditionnelle et c’est ce qui me plaisait. Ça me permettait de me sentir différente, et j’en faisais une force. Toutefois, je ne l’avais jamais approfondi, ni questionné. C’est à l’adolescence que les choses ont changé. J’ai commencé à ressentir inconsciemment les répercussions que pouvaient avoir l’adoption sur un être humain en développement. La recherche de validation, le désir d’appartenance, la recherche identitaire, la peur du rejet, la solitude, l’anxiété… Ce sont des concepts qui sont fréquents à l’adolescence certes, mais avec le recul , je réalise que dans mon cas ils prenaient racine dans quelque chose de beaucoup plus spécifique.

Malheureusement, à l’époque, je n’avais pas les outils pour mettre le doigt dessus. L’adoption était pour moi un dossier clos, que j’avais réglé à l’enfance. Jamais je n’avais fait le lien entre ce que je vivais adolescente et ce qui m’était arrivée bébé. C’est avec le temps, à force d’introspection et de discussions profondes, que m’est venue cette réalisation. Cette partie de moi, de mon histoire, m’a façonnée toute ma vie et continue de le faire chaque jour. Cette prise de conscience m’était nécessaire, et je n’avais pas réalisé l’importance qu’elle prendrait dans ma recherche identitaire.

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Né au Québec de parents d’origines sénégalaises
et adopté via la banque-mixte

Animateur (ICI Télé, ICI Musique)

« L’idée de savoir qu’il y a un organisme qui est là pour les enfants, les adultes adoptés, et les parents adoptants, ça me rassure et ça me fait très plaisir de participer au développement, à la croissance et au rayonnement du RAIS. »

Nicolas Ouellet n’hésite pas à parler de son histoire et à aborder la question de son adoption. « Mes parents biologiques sont d’origine sénégalaise et ma mère n’a pas souhaité me garder après ma naissance. Elle a accouché, et ç’a été ciao bye ! »

Les parents de Nicolas avaient adopté, cinq ans plus tôt, un premier enfant d’origine haïtienne. Au moment où Nicolas est né, ils effectuaient les démarches en vue d’une seconde adoption. « J’étais un cas particulier, car je suis Noir et je faisais partie du réseau de l’adoption locale. La plupart des gens qui faisaient une demande d’adoption locale voulaient un enfant blanc. Mes parents ont entendu parler de moi et se sont montrés intéressés tout de suite. Ils m’ont pris lorsque j’avais 7 semaines. J’ai été très chanceux. »

Nicolas Ouellet n’a jamais vécu de soubresauts liés à cette dynamique familiale. « Pantoute, dit-il en riant. Très jeune, mes parents m’ont dit que si je voulais retracer mes parents biologiques, ils allaient être là pour m’accompagner. Mais je n’ai jamais eu cette envie. »

Il évoque toutefois le moment où, durant une Coupe du monde, il s’est entiché de l’équipe du Sénégal. « Je crois que c’était une réaction d’adolescent, dit-il. J’ai demandé à mes parents de m’acheter un drapeau du Sénégal que j’ai mis dans ma chambre. Quand on est jeune, on cherche des symboles d’appartenance. »

Chez les Ouellet, on forme un noyau très dur. La mère de Nicolas est enseignante, son père est urbaniste. « Mes parents ont été très présents, dit-il. Mon père venait me reconduire à l’école tous les matins, ma mère rentrait en même temps que moi. »

« Ça peut paraître niaiseux de dire cela, mais quand un enfant est issu de l’adoption, il a des besoins d’encadrement. Moi, j’ai reçu toutes ces choses-là. Je crois que c’est cela qui m’a permis d’être groundé pour le reste de ma vie. »

SARAHMÉE

FIÈRE AMBASSADRICE 2020

Originaire de Dakar et adoptée par une famille québécoise, Sarahmée est une rappeuse qui a du chien et des choses à dire. Avec une force de caractère peu commune, une attitude à tout casser et une musique rythmée à saveur urbaine/électro, elle débarque sur la scène musicale sans aucun complexe.

"J’ai été adoptée par un couple de Québécois quand j’avais environ sept mois à la fin des années 80. Mes parents vivaient déjà dans mon pays d’origine, le Sénégal, au moment de mon adoption. Avant que je n’arrive à la maison, ils avaient déjà accueilli mon frère, Karim.

Toute ma vie j’ai eu la chance d’avoir des parents très ouverts, aimants, et compréhensifs. Mais j’ai toujours su que toutes les histoires d’adoption, ne ressemblaient pas à la mienne. Toute jeune, j’étais consciente de ma différence mais c’est plutôt à travers le regard des autres que se posaient beaucoup d’interrogations. Aussi loin que je me souvienne, ma mère me racontait mon histoire, et me disait qu’il y avait une dame qui m’avait eue mais qu’elle ne pouvait pas me garder et par amour, a décidé de me donner en adoption.

Pour les enfants adoptés, je crois que le plus difficile est de trouver son identité et de pouvoir s’accepter tels qu’on est, avec notre parcours. Comme toute adolescente, ça n’a pas toujours été facile pour moi. Je me demandais si j’étais Sénégalaise ou Québécoise, les gens me demandaient si je connaissais mes vrais parents etc. Bref j’ai été confrontée à la multitude de questions une grande partie de ma vie et encore aujourd’hui, comme beaucoup d’enfants adoptés.

Malgré tout, en regardant ma vie, je suis reconnaissante d’avoir les parents que j’ai, mais surtout d’avoir pu vivre dans mon pays d’origine pendant cinq ans, grâce au travail de mon père.

Aujourd’hui, avec ma carrière musicale, mon nouvel album et tout ce qui se passe de positif, je suis très heureuse d’avoir été choisie pour être une des ambassadrices du RAIS. L’adoption et ses circonstances sont très peu abordées dans notre société, et le processus, les échecs, les déceptions et les succès ne sont parfois qu’effleurés.

Voilà pourquoi j’espère, dans la prochaine année, pouvoir sensibiliser le plus de gens possibles à cette réalité que vivent certains d’entre nous et surtout, rappeler à tous ces enfants et parents, qu’ils ne sont pas seuls."

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"L’adoption et ses circonstances sont très peu abordées dans notre société, et le processus, les échecs, les déceptions et les succès ne sont parfois qu’effleurés. Voilà pourquoi j’espère, dans la prochaine année, pouvoir sensibiliser le plus de gens possibles à cette réalité que vivent certains d’entre nous et surtout, rappeler à tous ses enfants et parents, qu’ils ne sont pas seuls."