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  • charle7777

Blessures générationnelles

J'ai eu l'opportunité de partager mon expérience de l'adoption à de futurs parents qui adopteront, à un moment où j'avais le besoin de raconter mon histoire, de long en large, de ma perspective et de mon expérience, tout en étant capable de m'être placé dans les souliers de mes parents adoptifs. Et si ces partages peuvent éclairer certains futurs parents à l'expérience d'adoption, j'en serai ravi.


Je crois qu'en vieillissant, on peut mieux comprendre certaines notions parentales. Dans mon cas, j'ai beaucoup appris des expériences des autres en parallèle avec la mienne. J'ai pris un temps à déchiffrer mon bagage génétique coréen qui implique des blessures émotionnelles culturelles de mes parents biologiques dans cette "lignée" (qui, d'après-moi, se transmettent de générations en générations afin d'être soignées)...


Un autre temps à extraire le même contenu de la lignée de mon père adoptif et de ma mère adoptive. J'en ai déduis que mes parents adoptifs avaient les mêmes blessures à soigner que celles de mes parents biologiques et moi-même. Un de mes parents adoptifs a été obligé d'aller étudier à l'extérieur de la ville pendant toute sa jeunesse pendant des années, loin de sa famille, contre son gré. L'autre a été le dernier enfant de sa famille avec plus de 10 ans d'écart de ses frères et soeurs, ayant vécu le décès d'un de ses parents en enfance. Chacun de mes parents ont vécu leurs blessures d'abandon et de rejet à leurs manières qui concordent avec les miennes et probablement à mes parents biologiques que je ne rencontrerai jamais.

J'ai aussi expérimenté être un "parent" dans une famille où le père n'était pas présent. Nous avons tous des besoins différents à combler dans l'expérience d'être parent, même chose si nous ne voulons vivre cette aventure. Chaque parent aura à vivre une histoire différente avec chaque enfant. Si seulement chaque enfant venait avec un manuel d'instruction. Je me souviens d'avoir dit à ma soeur (adoptée elle aussi) quand nous étions jeunes que nos parents avaient perdu le reçu du magasin "Canadian Tire" et qu'ils ne pouvaient pas être remboursés.😆


J'ai remarqué que dans notre société, il y des parents qui sacrifient leurs bien-être pour le bien de leurs enfants, prêts à souffrir d'une façon noble aux yeux des autres en supprimant leurs désirs personnels, leurs rêves et pour garder la paix aux yeux de tous les membres de la famille. Il y a aussi ces parents qui sont capables de donner ce qu'ils n'ont pas reçu dans leurs enfances, certains d'entre-eux n'ont pas reçu d'amour affectif et de tendresse, qu'il sont capable d'exprimer grâce à cette expérience. Et que dire des comportements toxiques et narcissiques de parents inconscients... De ceux qui maintiennent une suprématie de contrôle émotif et mental sur leurs enfants pour se garder dans leurs rôles de pourvoyeur manipulateur. D'autres qui projètent leurs rêves personnels inachevés et des attentes inatteignables sur les épaules de leurs enfants, qui sont prêts à tout pour recevoir ces quelques louanges de leurs parents, leur mendiant ces rares marques d'amour illusoires.

À vous, chers parents, avez-vous pris le temps de regarder comment vous-mêmes avez été élevés? Quels patterns familiaux se reproduisent encore à ce jour dans votre lignée? Quels comportements de vos parents reproduisez-vous inconsciemment? Et aux futurs parents adoptifs, quels besoins essayez-vous de combler en adoptant?


Je suis capable aujourd'hui d'exposer que j'ai été élevé dans une mentalité désuète où "l'adulte a toujours raison" et que "l'enfant a tort", où l'enfant n'avait pas le droit de s'exprimer. Le "va dans ta chambre!" imminent lorsqu'un conflit s'annonçait à l'horizon. Et en étant adopté, d'avoir ressenti que je devais marcher droit parce je "le devais" à mes parents adoptifs parce qu'ils m'avaient "sauvé", d'avoir entendu de vive voix par un de mes parents adoptifs que j'aurais été pauvre et sans éducation s'ils ne m'avait pas adopté. Quand un enfant ne se sent pas aimé en étant "parfait", il peut aller dans l'autre tangente rebelle car vivre selon les attentes familiales peut être un frein pour certains.


J'ai de la gratitude de cette expérience d'avoir été adopté, avec ces beaux et moins beaux moments et apprentissages, cette histoire est l'une des facettes de mon succès et je suis maintenant prêt à la partager, à exposer le bon et le mauvais. J'ai compris qu'au niveau des âmes, mes parents adoptifs m'ont aimé à leurs manières et ont joué le "rôle" qu'ils devaient jouer pour que je devienne la personne que je suis devenue et sera.



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